27 novembre 2009
Déloger l'animal de Véronique Ovaldé
Présentation de l'éditeur
Dans le couchant d'une ville blanche, lumineuse et brûlante, une enfant attend le retour de sa mère. Sur les toits d'un immeuble au sommet de son monde, elle perçoit les bruits d'ailleurs et ceux de l'intérieur. Mais ce soir-là, au-delà du scintillement des vagues, l'angoisse est infinie : la mère ne revient pas. Le cliquetis de ses talons aiguilles, l'éclat synthétique de sa perruque blonde, l'acidulé de ses vêtements, le velours de sa voix ne sont plus. La belle a disparu et l'enfant est perdue. Face à l'insouciance de son père, à l'inquiétante inertie des adultes, la petite Rose va réinventer l'histoire... Un roman magnifique sur la confrontation de l'enfance absolue à l'aridité des choses. Sur ce passage étroit et tumultueux, cet instant précis où l'imaginaire se met à façonner la vie rêvée, où l'alchimie de l'adolescence entre en scène pour inscrire nos vies aux abords du chemin.
***
J'ai beaucoup entendu parler de Véronique Ovaldé lors de la rentrée littéraire et j'ai tout de suite été curieuse de découvrir cet auteur. J'ai trouvé ce livre à la bibliothèque.
Au départ j'ai été déçue. Je m'attendais à quelque chose de complètement féérique hors les premières pages du livre m'ont donné le cafard. Même si l'auteur joue bel et bien de l'imaginaire de cette "petite" fille, elle est pour moi tellement encrée dans la réalité, une réalité dure, âpre, parfois crue que je n'ai ressentie que peine et mal-être. Les 10 premières pages ont été difficiles. Les phrases sont parfois très longues et j'ai trouvé l'histoire lourde et glauque. Malgré cela j'ai été prise par le récit et j'ai eu hâte de connaitre la fin.
Et puis après l'avoir terminer, après avoir fait le point car ce livre est un livre auquel on repense beaucoup après l'avoir refermé, qui fait cogiter, qu'il bouscule, bref après avoir fait le point je me suis rendue compte que cette écriture, à laquelle je ne m'attendais pas, une écriture beaucoup plus littéraire que ce que je lis habituellement, est une écriture de talent.
De là à dire que j'ai aimé je ne sais pas.
Véronique Ovaldé propulse son lecteur dans les méandres de l’esprit de
Rose où il suit les chemins sinueux des monologues intérieurs de la
"petite" fille.
Rose a quinze ans mais c'est une enfant pas comme les autres, un peu timide, un
peu "en retard", un peu perdue dans son corps et dans sa tête, elle
s’appelle Rose... mais sa vie ne l'est pas. Elle s'appelle Rose comme
sa mère, mais celle-ci un soir ne revient pas et le monde autour de la
petite fille s'écroule. Déjà seule, déjà enfermée dans cet univers
imaginaire, Rose bascule et
tente de trouver des branches auxquelles se raccrocher. Cette adolescente qui aurait pu comprendre bien des
choses si les adultes s'étaient donné la peine de lui parler, de lui
expliquer avec des mots simples et vrais.
Un avis mitigé, un peu brumeux sur ce livre sur lequel je m'interroge. Si vous l'avez lu j'aimerais beaucoup avoir vos avis.
Il me faudra certainement lire d'autres ouvrages de cet auteur pour m'en faire une idée précise.
«Il faut laisser aux gens qu’on aime le droit de disparaître.»
[ Véronique Ovaldé ] - Extrait de Déloger l’animal
20 novembre 2009
BD
Je ne sais pas ce qui m'a pris, la dernière fois que je suis allée à la bibliothèque, je suis ressortie de là avec 5 BD sous le bras !
Il faut dire, j'adore les BD mais c'est souvent très cher pour le temps que cela prend à lire. Alors je préfère en découvrir en prêt et acheter celles que je veux vraiment d'occaz.
Bref, voici les albums que j'ai pu découvrir, complètement par hasard, mon choix s'étant principalement basé sur les couvertures sans lire aucun des synopsis à l'avance.
Un enterrement de vie de jeune fille de Hervé Bourhis et Isabelle Merlet
Présentation de l'éditeur :
Trois amies. Un enlèvement. Une autoroute. Un mariage. Rondo Veneziano. Une toile cirée. Des rires. Un pont. Des larmes. La culpabilité. L'amour. Des mobylettes. Une bouteille de vin. Une fête de village. Un hôpital. Des cendres. Des strip-teaseurs. La mort.
Mon avis : Le moins que l'on puisse dire de cet album c'est qu'il est vraiment surprenant. On est loin de se douter ce qu'il va se passer au départ. C'en est même assez déroutant mais. Partant d’une idée somme toute très
banale (trois copines qui passent un week-end entre elles), Hervé Bourhis s’amuse à détourner son scénario, à bouleverser sa trame en introduisant de nouveaux éléments plutôt originaux.
Je n'ai pas été très sensible aux dessins, qui ne sont pas particulièrement beaux mais qui collent toutefois assez bien à l'ambiance acide de cet album.
Vous pensiez trouver une histoire de filles, un peu à l'eau de rose, détrompez vous, c'est tout le contraire ! On tourne la dernière page avec un drôle de sentiment et la gorge serrée.
Central Park de Durieux et Cornette
Présentation de l'éditeur :
En vacances à New York, Yasmina Polaire et Johan Crevette sont ravis de visiter la grosse pomme, et leur programme est bien chargé. Pour prendre la mesure de la ville, ils décident de se rendre à Central Park, le poumon vert de Manhattan.C'est bien connu, à NY, on fait des rencontres inattendues. Ainsi, à peine sont-ils entrés dans le parc qu'un clochard, Snake, les accoste. Voire des rencontres très étranges. Comme celle faite, pendant la visite du zoo, avec Norman, l'ours polaire, qui leur adresse la parole... Et c'est alors que Yasmina disparaît ! Johan n'a de cesse de la retrouver, fouillant le vaste parc, sa détresse grandissant d'heures en heures. Et soudain de mystérieux murs s'érigent devant lui, l'empêchant à présent d'atteindre toute sortie, alors que d'autres y ont accès...
Mon avis : euh....si quelqu'un a compris quelque chose à cette BD qu'il m'explique...J'ai bien compris que tout cela n'était que métaphore mais c'est un peu tordu pour moi. Heureusement le graphisme est très agréable mais quand même, c'est tordu !
Exit Wounds de Rutu Modan et Rosie Pinhas-Delpuech
Présentation de l'éditeur :
Israël sur fond d'attentats kamikazes. Drôle d'endroit pour une rencontre.
Drôle de rencontre entre Koby, le modeste chauffeur de taxi et Numi,
jeune fille de la bonne société de Tel Aviv. Drôle de fille que cette
Numi que tous à la caserne, où elle fait son service militaire,
surnomment la girafe et qui surgit dans la vie de Koby pour lui
apprendre que son père a sans doute été la victime non identifiée d'un
attentat.
À travers la quête incertaine mais opiniâtre dans laquelle se lancent,
chacun à sa façon, les deux jeunes gens, c'est toute la nouvelle
société israélienne, iconoclaste, abandonnée désormais par ses pères
fondateurs qui est passée en revue.
Une quête effrénée contre la disparition inadmissible, infâme, contre la fatalité.
En creux, la double figure d'un père déchu et d'un amant pardonné de
tout à la fois tutélaire et évanescente, adorée et haïe, irresponsable
et bienveillante parle de l'identité d'Israël aujourd'hui.
Ce récit de Rutu Modan, comme le portrait intime d'un pays fragile,
tiraillé entre deux réalités qui s'affrontent, que tout oppose et qui
pourtant, au-delà de ses clivages internes fait toujours le choix en
dernier lieu, de l'espoir. Où pour chacun, malgré tout, la vie n'est
que ce saut dans le vide ou dans les bras qu'on choisit pour amortir sa
chute.
Mon avis : une bonne BD au rythme un peu lent mais pendant laquelle on ne s'ennuit pas. Le protagoniste croit chercher son père apparement disparu dans un attentat, il découvrira bien d'autres choses, sur lui, sur sa vie, sa famille. La présentation de l'éditeur la décrit très bien, je ne vois pas quoi rajouter.
Trompe la mort d'Alexandre Clérisse
Présentation de l'éditeur
Marcel a fait la guerre. La " drôle " de guerre. Il y pense souvent, surtout quand sa petite-fille est avec lui. Il lui raconte toujours qu'il a perdu son clairon, et comment il l'a enterré avant d'être fait prisonnier. Sur un coup de tête, il décide d'aller, sans prévenir sa petite-fille, à la recherche de l'instrument perdu dans des circonstances connues de lui seul. Une histoire peut-être pas aussi héroïque que le voudrait l'histoire officielle.
Mon avis : Mon coup de cœur de cette sélection. Un vrai petit bijou de tendresse. J'ai beaucoup aimé les dessins, particulièrement la bouille de Marcel, ce gentil papy qui cherche absolument son clairon. Une jolie façon de parler de la guerre mais aussi de la vieillesse, des relations grands-parents/petits-enfants. Les personnages sont attachants et les dialogues intelligent.
Le cadavre et le sofa de Tony Sandoval
Présentation de l'éditeur
Christian a disparu, et plus personne dans la ville ne sort pour jouer, excepté Polo qui préfère explorer les vastes prairies du coin. Il y rencontre Sophie, avec qui il va se retrouver plongé dans le mystère de la mort de Christian quand ils découvriront son corps sans vie au beau milieu de nulle part. Ils vont passer l'été a observer les états de décomposition du cadavre de Christian sur un vieux sofa qui d'une certaine façon, semble lié à Christian. A cette histoire, des gens étranges de la ville et éventuellement des loups garous seront ajoutés, offrant un épilogue plutôt étonnant.
Mon avis : Là aussi une sacrée surprise !
Le dessin proche de l’illustration est magnifique, la narration subtile, avec une maîtrise littéraire assez impressionnante. Une histoire étonnante, mêlant un style intimiste et des passages fantastiques saupoudrés de références à l’horreur.
Déroutant et superbe.
13 novembre 2009
Prémonitions d'Alice Hoffman
Présentation de l'éditeur
Stella a treize ans, des parents tout juste divorcés et un don lourd à porter : elle devine à l'avance quand et comment les gens vont mourir. Affectée par l'éclatement de sa famille, Stella essaie d'échapper à une mère trop étouffante et cherche à trouver un sens à ce don extraordinaire dont elle a hérité à l'adolescence. Mais sa vie bascule lorsque son père est accusé de meurtre. Persuadée qu'elle est la seule à pouvoir le sauver, Stella retourne alors dans son village natal pour tenter de percer le terrible secret qui pèse depuis toujours sur sa famille. Prémonitions signe le grand retour d'Alice Hoffman au réalisme magique, dont elle exploite toute la portée symbolique : son inimitable talent de conteuse est mis au service d'une intrigue à la croisée du fantastique et du roman psychologique.
Alice Hoffman a indéniablement un grand talent de conteuse. Dès les premières pages, ses descriptions sont nombreuses, riches et donnent à son récit un ton plutôt réaliste.
Pendant toute ma lecture je n'ai pas pu m'empêcher d'imaginer cette histoire portée à l'écran. Peut-être justement à cause de ces très nombreuses descriptions, les images me venaient tout de suite en tête. Alice Hoffman ferait une très bonne scénariste et j'imagine très bien ce roman adapté en téléfilm. Vous savez, ce genre de téléfilm que l'on regarde en automne, niché sous un plaid, avec un cappuccino à la main ?
Je ne sais pas trop pourquoi mais tout en lisant le livre j'avais l'impression d'être dans un épisode de "Gilmore Girls" (version surnaturel). Je ne saurais pas l'expliquer mais c'est vraiment ce que j'ai ressenti.
Les personnages sont attachants, à part Will (quelle tête à claque !) et l'histoire mêlant la réalité du passage à l'adolescence et la fiction des dons surnaturels des femmes de la famille Sparrow tient la route.
Petit bémol toutefois, j'ai trouvé ce roman trop long....Plusieurs passages m'ont semblé superflus et l'auteur m'a plusieurs fois laissé sur ma faim en passant d'un personnage à l'autre alors que je me sentais vraiment emporté par ce qu'il se passait. Une façon de conserver le suspens certes mais qui moi m'a empêché de me plonger pleinement dans l'histoire.
Une lecture agréable toutefois (Merci O).
Petite anecdote : Je ne le savais pas mais c'est Alice Hoffman qui a écrit "Les ensorceleuses" dont j'adoooore l'adaptation cinématographique !!!
02 novembre 2009
Une pièce montée de Blandine Le Callet
Présentation de l'éditeur :
" La pièce montée arrive, sur un plateau immense porté par deux
serveurs. Vincent voit osciller au rythme de leur marche cette tour de
Babel en choux à la crème, surmontée du traditionnel couple de mariés.
Il se dit : C'est moi, ce petit bonhomme, tout en haut. C'est moi. Il
se demande qui a pu inventer un gâteau aussi ridicule. Cette pyramide
grotesque ponctuée de petits grains de sucre argentés, de feuilles de
pain azyme vert pistache et de roses en pâte d'amande, cette
monstruosité pâtissière sur son socle de nougatine. Et ce couple de
mariés perché au sommet, qu'est-ce qu'il symbolise, au juste ? Les
épreuves surmontées à deux ? L'ascension périlleuse jusqu'au septième
ciel ? La prétention de ceux qui s'imaginent que l'amour va durer toujours ? "
Encore un livre dont je n'aurais même pas pris le temps de lire la quatrième de couverture si ma collègue bibliothécaire ne me l'avait pas mis de force dans les mains en me sommant de le lire !
Et elle a bien fait car j'ai à nouveau passé un bon moment. Rien à voir avec "Mon père est une femme de ménage" dont je me suis réellement délecter, mais un agréable moment tout de même.
Car ce qui fait l'originalité de ce premier roman de Blandine LeCallet c'est sa façon de décrire ce mariage.
Parce que faire d'une journée de mariage un roman aurait pu être terriblement ennuyeux, surtout lorsque ce mariage est un "grand" mariage, pompeux à souhait (beurk!). Mais si vous vivez ce même mariage à travers les yeux des différents invités qui y prennent part, cela devient tout de suite beaucoup plus interessant.
De la petite fille de 8 ans, en passant par le séducteur invétéré, la mamie pour qui ce mariage sera peut-être le dernier auquel elle assistera, le prêtre qui célébre la cérémonie ou encore le marié lui même, chaque personne nous livre sa façon de vivre cette journée si particulière. On apprend grâce à eux à mieux connaître la famille des mariés ainsi que les époux eux-mêmes.
Une famille bourgeoise, très bourgoise, pleine de principe, de secrets et de faux semblants.
À travers cette succession de
regards intimes, Blandine Le Callet parvient à percer les apparences.
Peu à peu, l’hypocrisie générale se fissure, les masques tombent.
L'écriture est fluide et agréable. Malgré l'emploi de la troisème personne, on se met très aisément dans la peau de chacun des invités.
Une lecture agréable.
30 octobre 2009
Joséphine 2 - Tout peut arriver
Deux BD lues récemment
Présentation de l'éditeur :
Joséphine revient! On retrouve avec un plaisir jubilatoire l'humour corrosif de Pénélope Bagieu, son regard acéré et tendre sur les petites choses de la vie. Dans ce deuxième tome, Joséphine tombe folle amoureuse d'un homme ...marié... mais plus pour longtemps, il l'a promis. Toujours aussi gaffeuse et complexée par ses hanches, Joséphine a décidé d'adopter une nouvelle philosophie de vie: elle s'est mise au yoga et relativise...
Le story-board d'une Bridget Jones à la française, plein de légereté et d'humour...
Même si je suis évidement très contente d'avoir reçu cette BD pour mon anniversaire, sa lecture m'a quelque peu déçue.
Je crois que je trouve les aventures de Joséphine moins prenantes et moins agréables que la petite vie de Pénélope Jolicoeur sur son blog. J'avais adoré et vraiment bien rigolé en lisant "Ma vie est tout à fait fascinante" ce qui n'est pas le cas avec "Joséphine".
J'aime énormément le coup de crayon de Pénélope et Joséphine est sympa mais je ne sais pas...je ne m'y reconnais pas, je n'ai pas ri, tout juste souris une ou deux fois.
Joséphine ne fait pas partie des BD que j'ai envie de lire et de relire. Une fois m'aura suffit. Pas de grande surprise, pas de fabuleux rebondissement, des scènes de "filles" déjà vu 100 fois dans les girl moovie ou les séries télé. Je pérfére les mêmes sujets traitées avec plus de poigne par Hélène Bruller par exemple.
Quant à la fin de ce 2ème tome....enfin.. le mot fin n'est pas vraiment approprié puisqu'il n'y a pas de fin, plutôt un "à suivre". Si ça c'est pas 100% commercial...
Le tome 1 m'avait également fait cette impression, mais peut-être pas aussi fort. Joséphine est un peu trop légère à mon goût.
Présentation de l'éditeur :
Dans les aventures d'Anna Sommer, il n'y a pas d'aventure. Tout peut donc arriver. Ainsi, elle nous entraîne dans sa vie la plus secrète, sans jamais recourir aux procédés habituels de la narration : l'intrigue, le suspense, le happy end... Elle va gratter là où il ne faudrait pas, dans le détail le plus infime, et relate une anecdote presque insignifiante, une phrase anodine, en visant toujours au juste milieu, là où l'innocence se partage avec l'effroi face à l'aventure - la vraie - d'exister, de grandir, de vieillir. Et c'est ici toute sa malice, son humour incomparable, son courage d'exprimer l'indicible. Les philosophes allemands diraient d'Anna qu'elle a une sacrée vision du monde (une Weltanschauung). Elle démontre aussi un talent exceptionnel à faire s'entrechoquer la bande dessinée la plus classique et l'art de l'immobilisme, de la suggestion. Provocation rare, par les temps qui courent.
Alors là, on est loin, loin, loin des girl moovie et des séries télé. Là on est dans la vie, la vraie il n'y a pas de doute. Anna Sommer retrace sa vie, de son enfance à l'âge adulte en passant par son premier amour pour le si mignon prof de piano, les émois de la puberté, ce corps parfois ridicule qu’on aimerait cacher, les affres de la constipation, les premières règles, les moignons d’un petit camarade de jeu, une opération du cerveau ou le dévoilement des bijoux indiscrets de son petit copain...
Anna rit d'elle même et met les pieds dans le plat.
Cette BD a certainement eu un effet libérateur sur elle. Elle nous livre certains ses souvenirs, des souvenirs drôles et grinçants où le texte est secondaire, les bulles quasiment absentes
Une introspection dans laquelle je me suis sentie de trop.
28 octobre 2009
Le Dieu des petits riens d'Arundhati Roy
Rahel et Estha Kochamma, deux jumeaux de huit ans, vivent en Inde, entourés de leur grand-mère, Mammachi, qui fabrique des confitures trop sucrées, de l'oncle Chacko, un coureur de jupons invétéré, esprit romantique converti au marxisme pour les besoins de son portefeuille, de la grand-tante Baby Kochamma, qui nourrit un amour mystique pour un prêtre irlandais, et de leur mère Ammu, désertée par son mari, qui aime secrètement Velutha, un Intouchable. Un drame va ébranler leur existence et les séparer. Comment réagir quand, à huit ans, on vous somme de savoir " qui aimer, comment et jusqu'où " ? Comment survivre quand, après un événement affreux dont on a été témoin, on vous demande de trahir la vérité pour l'amour d'une mère ? Un récit envoûtant, plein d'humour et d'émotion, servi par une écriture neuve et poétique, qui recrée le monde de l'enfance - celui de l'imaginaire et de la liberté.
"Tout ce qu'on peut dire de l'Inde est vrai, on y voit les choses plus clairement parce que c'est le chaos", affirme Arundhati Roy à propos de ce premier livre qui lui a valu le Booker Prize en 1997. La jeune romancière indienne s'est inspirée pour son livre du village d'Ayemenem, dans l'État de Kerala en Inde du sud, où elle a grandi.
***
Je voulais lire ce livre depuis très longtemps et c'est souvent lorsque l'impatiente est telle que la déception est encore plus grande.
J'aurais tellement voulu le trouvé grandiose. Mais il n'en ai rien. Je ne dis pas que ce roman n'est pas bon. Bien au contraire. Arundhati Roy a la faculté d'écrire comme on chuchoterait, tout en douceur, tout en volupté. Les descriptions sont remarquables. On goûte, on sent et on vit chaque moment mais cela n'aura pas suffit.
L'histoire est traitée de façon tellement décousue que l'on s'y perd très rapidement. Si plusieurs passages m'ont complètement hypnotisés, d'autres m'ont semblé d'une longueur insupportable. D'autant que l'on sait dès le départ la nature du drame qui va toucher cette famille.
C'est un roman bouleversant, une fois que l'on a pris l'habitude des sauts dans le temps de l'auteur et que l'on comprend toutes les causes et les conséquences de cette tragédie. Dans chaque page règne comme une moiteur, comme un sentiment de mal-être. Un roman marquant, mais difficile à appréhender.
Arundhati Roy nous montre le côté obscure de l'Inde et ça fait mal.
J'en profite pour vous mettre la chanson que Tryo à consacré à cette grande dame. Cette chanson me donne la chair de poule et enflamme mon coeur.
24 octobre 2009
Mon père est une femme de ménage de Saphia Azzeddine
« Mon père a refermé la bouche en mâchant dans le vide, il s'est redressé et a regardé sa montre. On était vendredi, je n'avais pas école le lendemain. Donc je pouvais l'aider. Embarrassé à l'idée de m'imposer sa vie, il trouve toujours un moyen d'alléger le truc. Là, il a dit : — Bon alors mon Polo, tu viendé ou pas ce soir ? Une petite faute de français rigolote pour soulager tout ça, un peu d'humour pour camoufler le désastre de la soirée. Une soirée qui s'avère être sa vie en fait. J'ai souri, ça détend mon père, et j'ai répondu comme à chaque fois : — Je viendé, je viendé... Je l'aime mon père, mais j'ai du mal à l'admirer. Souvent, quand je le regarde, il est à quatre pattes, alors forcément ça manque un peu de hauteur tout ça... » Avec le sens de la formule, le rythme virevoltant, la verve irrésistible qui ont fait le succès, en librairie et au théâtre, de Confidences à Allah, Saphia Azzeddine donne la parole à Paul, 14 ans. Il a une famille impossible, des amours inexistantes, sa cité est lugubre, son avenir douteux, mais il a découvert une arme pour s'en sortir : les mots, et il commence à se demander si la fatalité ne peut pas être vaincue, parfois.
***
Énorme coup de cœur pour ce roman que je n'aurais probablement jamais lu sans les conseils avisés de ma collègue bibliothécaire.
Je l'ai lu quasiment d'une traite tant j'ai aimé la forme, le fond, le ton péchu donné par cette jeune Marocaine également scénariste. "Mon père est une femme de ménage" évoque la honte sociale qui peut ronger "la France d’en bas". Sans détour, sans faux-semblant, Saphia
Azzeddine donne la parole aux laissés-pour-compte de notre société, et raconte
avec une verve irrésistible les drames et les espoirs d’une adolescence.
Elle nous offre une vision d’une société contenant un peu de violence et beaucoup de préjugés. Elle est pourtant loin des
clichés qu’offrent en général les récits se déroulant en banlieue.
Les mots sont crus, les anecdotes aussi mais on ne s'en offusquera pas bien au contraire.
Car il faut dire Saphia Azzeddine a un style
intéressant, qui sert parfaitement son propos. Les phrases sont en général
courtes et sèches. Quant aux dialogues, ils
sont nombreux et écrits dans le style parlé. Le résultat convient bien
à son récit, lui donnant un rythme rapide et vivant.
Elle donne également à ses personnages des belles réparties. Les
moments durs succèdent aux moments de tendresse, entrecoupés avec des
passages très drôles.
Tendre, brillant et joyeusement cru, "Mon père est une femme de ménage" est MON coup de cœur de la rentrée.
Je vous met ici quelques passages que j'ai trouvé vraiment géniaux, des petites vérités qui me paraissent à moi presque universelles.
p43 : Heureusement, je ne portais pas de slim, moi.
J'ai plaisanté en faisant du style :
- Pourquoi infliger ça à notre instrument le plus précieux, nous les hommes ?
Ça la fait rire quand je parle comme ça.
p119 : Grâce à un dialogue rétabli, les gosses se tiendraient à carreau et ne boiraient plus jamais dans l'enceinte du collège. Plus jamais. Ils le feraient juste devant.
p113 : En tout cas c'est fatiguant de détester sa famille. Vivement les jours d'anniversaire où qu'on s'aime tout simplement.
p91 : Elle portait des bottins noires mais avec le bout ouvert. Totalement illogiques comme chaussures. Pourquoi laisser les orteils découverts si ce sont des bottines fermées à mi mollet ? Quel est l'intérêt de porter des bottes et de laisser les doigts de pied à l'air comme dans des sandales?
p140 : Non, les mots de la bibliothèque m'arracheront à mon destin de beauf. Même un peu.
Il faut que je sois un autre. Pas un zappeur en jogging qui regarde "Turbo".
J'aurais pu vous mettre tout le livre en fait mais bon... je préfère vous laisser le lire par vous même ;)
02 octobre 2009
Un drôle de père
Présentation de l'éditeur
Daikichi, trente ans, célibataire,
n'est pas ce qu'on peut appeler un Don Juan. Pas très à l'aise avec les
femmes, encore moins avec les enfants, cet homme on ne peut plus
ordinaire va, du jour au lendemain, décider de devenir le tuteur légal
de la fille cachée de... son défunt grand-père. Mais comment élever une
jeune enfant quand on a déjà du mal à s'assumer soi-même? Un drôle de
père est la première série à succès de Yumi Unita, une des auteures
issues de la nouvelle vague du manga pour femmes. Elle aborde dans
cette œuvre, avec beaucoup d'humanité, des thèmes aussi fondamentaux
que l'amour familial, l'éducation, ou plus généralement la
responsabilité individuelle. Face à l'égoïsme de la société, Daikichi
fera en effet passer les intérêts de la petite Rin avant les siens. Et
si le bonheur passait par le don de soi?
***
Gros coup de coeur pour ce manga !
C'est une très belle histoire, dont les protagonistes sont tous très attachants. Daikichi va se retrouver tuteur d'une petite fille de 6 ans, Rin. Cela va le confronter à toutes les réflexions que peuvent avoir les parents (ou futur parent). Tout cela est traité avec beaucoup de réalisme et d'humanité.
Daikichi prend sous son aile la fragile Rin qui grâce à lui déploiera ses ailes pour devenir une petite fille comme les autres. Même si ce n'est pas le cas, Daikichi se conduira comme un vrai père pour elle et la relation qui se nouera au fil des pages entre eux est vraiment émouvante. C'est difficile d'exprimer toutes les choses positives que j'ai ressenti en lisant ce manga. Je me suis évidement retrouver dans les réflexion que peut avoir Daikichi sur l'éducation de cette petite fille. Daikichi va se rendre compte du bonheur mais aussi de la difficuté d'être parent. De la responsablité que cela représente, des changements que cela produit dans la vie de tous les jours. Il apprendra à jongler entre sa vie professionnelle et sa vie de "papa". Et cette aventure l'amènera à rencontrer d'autres personnages, qui lui permettront également d'évoluer et de vivre en harmonie avec l'adorable petite Rin.
Une ôde à la paternité (à la parentalité même).
J'étais un peu déçue, en refermant le tome 4 de ne pas continuer à suivre la vie de Daikichi et Rin.
Heureusement, je viens de m'appercevoir qu'un dernier tome était paru. Il semblerait que dans ce dernier chapitre l'on retrouve Daikichi et Rin 10 ans plus tard. Il me le faut celui-là !!!
30 septembre 2009
Le voyage de l'hiver
Présentation de l'éditeur
Il n'y a pas d'échec amoureux.
***
Je suis déçue. Déçue de ne pas avoir trouver ce livre aussi génial que je l'aurais voulu alors qu'il m'a été offert par quelqu'un qui compte beaucoup pour moi. Je l'avais déjà mentionné ici et cet ouvrage le confirme, je suis fan d'Amélie Nothomb lorsqu'elle se raconte mais beaucoup moins lorsqu'elle romance. Son nouveau livre, dont j'ai écouté toutes les critiques radio et télé avec grand intérêt ne m'a pas plu.
Certes on y retrouve l'originalité, la verve et le talent d'écriture de Nothomb mais je n'ai pas accroché plus que ça à cette histoire d'amour contrarié qui finira par le suicide (façon 11 septembre) du personnage principal. Dès le départ, on sait comment tout cela va se finir puisque le livre débute par l'aveu du protagoniste (Il va détourner un avion). J’ai trouvé le récit trop léger, j'aurais aimé en savoir plus, sur Aliénor et ses talents d’écrivain, sur Astrolabe et son inébranlable dévouement.
On retrouve plusieurs des thèmes récurrents de l'auteur; la laideur, l'amour, les prénoms atypiques, les références historiques littéraires. Comme souvent, elle pousse ses personnages (et ses lecteurs) au limite du malsain et ce n'est vraiment pas ce que je préfère.
Pour vous dire, je n'arrive pas à imprimer dans mon cerveau le titre de cet ouvrage, emprunté à Schubert. Le vent d'hiver, le livre de l'hiver... ce n'est jamais le bon titre qui me vient à l'ésprit. Je crois que je fais un blocage !
Et puis cette phrase "Il n'y a pas d'échec amoureux" ne cesse de me hanter, j'ai entendu dans je ne sais plus quel émission Amélie en expliquer le sens mais force est de constater après la lecture du livre que je ne suis pas d'accord avec elle. Si, il y a un bien échec dans cette histoire d'amour. Enfin, c'est comme ça que je le vois.
Décidement Amélie a le don de me faire chauffer le cerveau et c'est peut-être bien là le principal intérêt de cet oeuvre.
Déçue par cette nouvelle parution je continuerais à compter Nothomb parmi mes auteurs favoris tout de même.
23 septembre 2009
Millénium 1 : Les hommes qui n'aimaient pas les femmes
Présentation de l'éditeur
Ancien rédacteur de Millénium,
revue d'investigations sociales et économiques, Mikael Blomkvist est
contacté par un gros industriel pour relancer une enquête abandonnée
depuis quarante ans. Dans le huis clos d'une île, la petite nièce de
Henrik Vanger a disparu, probablement assassinée, et quelqu'un se fait
un malin plaisir de le lui rappeler à chacun de ses anniversaires.
Secondé par Lisbeth Salander, jeune femme rebelle et perturbée. placée
sous contrôle social mais fouineuse hors pair, Mikael Blomkvist, cassé
par un procès en diffamation qu'il vient de perdre, se plonge sans
espoir dans les documents cent fois examinés, jusqu'au jour où une
intuition lui fait reprendre un dossier. Régulièrement bousculés par de
nouvelles informations, suivant les méandres des haines familiales et
des scandales financiers. Lancés bientôt dans le monde des tueurs
psychopathes, le journaliste tenace et l'écorchée vive vont résoudre
l'affaire des fleurs séchées et découvrir ce qu'il faudrait peut-être
taire. A la fin de ce volume, le lecteur se doute qu'il rencontrera à
nouveau les personnages et la revue Millenium. Des fils ont été noués,
des portes ouvertes. Impatient, haletant, on retrouvera Mikael et sa
hargne sous une allure débonnaire, et Lisbeth avec les zones d'ombre
qui l'entourent, dans -Millénium 2 - La fille qui rêvait d'un bidon
d'essence et d'une allumette ; Millénium 3 -La Reine dans le palais des
courants d'air.
***
Si vous saviez ce que j'ai hésité à lire ce livre ! Depuis sa sortie, à chaque fois que le croise au détour d'un rayon de librairie ou que je lis une critique à son sujet c'est le même dilemme : dois-je ou non le lire ?
Et puis, comme souvent, il suffit d'un concours de circonstances pour forcer un peu le déstin. Ainsi, il aura suffit que ma belle soeur le lise puis me le prête pour qu'enfin je me glisse dans les sombres pages de Millénium.
J'avais lu tout et son contraire à propos de ce bouquin et malgré tout il ne m'a pas été difficile de me faire ma propre opinion. Ce roman est tellement riche qu'il serait difficile de ne pas en parler. C'est un des rares livrs dont je pourrais certainement débattre pendant des heures.
Pour celles et ceux qui ne l'aurait pas lu, Millénium 1 nous entraine à la fois dans une histoire économicojournalistique et dans une enquête sur la disparition d'une jeune fille.
Autant le dire tout de suite, les 100 premières pages sont d'un ennui mortel !!! De quoi renoncer à poursuivre la lecture. Et puis, enfin...l'histoire, la véritable histoire, commence et là le suspens s'installe, vicieu, captivant. Mille et un scenario s'offre au lecteur, lui transperce le cerveau, le fait cogiter, inventer, deviner. Finalement aucun des scénarios que j'avais imaginé n'était le bon. C'est encore pire que ce que j'avais pensé ! Car la disparition de la dite jeune fille va se révéler riche en révélation, en machination, en horreur et en violence.
Mikael et Lisbeth sont des personnages charismatiques et leur quête devient la notre. L'ambiance froide de la Suède, ses paysages tout comme toutes les choses qui arrivent aux deux protagonistes sont parfaitement décrits. C'est un peu comme si j'avais eu le film devant les yeux.
Je peux d'ailleurs vous dire que j'ai passé plusieurs nuits agitées (d'angoisse) après avoir lu Millénium !
L' histoire de journalisme économique elle ne m'a pas interessée du tout. D'ailleurs j'estime qu'elle aurait très bien pu ne pas figurer dans le livre. Elle permet de présenter les personnages certes mais de façon trop longue et détaillée à mon goût. Pour moi tout l'intérêt du roman se trouve dans l'enquête.
J'ai donc été décue par la fin, qui revient une fois encore sur l'affaire économique. Je pensais également, au vu de l'originalité de ce livre que l'auteur ne tomberais pas dans la facilité d'y glisser une histoire d'amour...et bien si ! Dommage....est-ce juste un moyen de "garder" le lecteur pour les tomes suivants ?
Car je ne comprends pas trop, à la fin de ce premier tome pourquoi il s'agit d'une trilogie. Pour moi la boucle est bouclé, l'enquête et l'affaire économique sont élucidées et à part cette amourette je ne vois aucune raison de retrouver Mikael et Lisbeth ! Ma belle soeur va tout de même me prêter "La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette" alors on verra...
Pour finir je dirais que pour moi Millénium 1 est un subtil mélange de Cluedo et de Seven (avec un poil de Saw peut-être...).
Cluedo pour le nombre de suspect possible et Seven pour son côté malsain, pesant, le rapport à la bible et la violence.
J'espère ne pas en avoir dit trop pour celles et ceux qui ne l'auraient pas encore lu et assez pour les inciter à le lire et provoquer commentaires et réactions à ceux qui l'ont dévorés ;)
A vos claviers !
Ah encore une chose. Avant d'avoir lu le livre j'avais longuement hésiter à voir le film. Je connais des personnes qui sont carrément sortis de la salle de cinéma au bout des 5 premières minutes du film tant la violence des premières scènes leur était insupportable. Maintenant que j'ai lu le livre je suis sure et certaine de ne jamais voir le film (ou alors en accéléré :D) !




























